5. Masse monétaire:
 La BCE régule la création de monnaie par action sur la valeur du taux directeur.
Le but de la BCE étant de limiter l’inflation sous les 2% annuels,
- Une augmentation du taux directeur crée moins de monnaie donc moins d’inflation.
- Une réduction du taux directeur crée plus de monnaie donc plus d’inflation.
Théorie monétariste : si la masse monétaire augmente plus vite que le PIB, cela conduit à l’inflation.
 
Les composantes de la masse monétaire sont des agrégats. Les agrégats monétaires sont des indicateurs statistiques regroupant dans des ensembles homogènes les moyens de paiement détenus par les agents d'un territoire donné. Il y a plusieurs niveaux d'agrégats statistiques dans la masse monétaire, selon le degré de liquidité.
 
M0 appelée aussi base monétaire ou monnaie centrale représente l'ensemble des engagements monétaires d'une banque centrale (pièces et billets en circulation, avoirs en monnaie scripturale comptabilisée par la banque centrale).
M1 correspond aux billets, pièces et dépôts à vue (515 000 000 000 de billets et de pièces en 2000 dans la zone euro).
M2 correspond à M1 plus les dépôts à termes inférieurs ou égaux à deux ans et les dépôts assortis d'un préavis de remboursement inférieur ou égal à trois mois (comme, par exemple, pour la France, le livret jeune ou le CODEVI, les livrets A et bleu, le compte d'épargne logement, le livret d'épargne populaire...).
M3 correspond à M2 plus les instruments négociables sur le marché monétaire émis par les institutions financières monétaires (IFM), et qui représentent des avoirs dont le degré de liquidité est élevé avec peu de risque de perte de capital en cas de liquidation (ex : OPCVM monétaire, certificat de dépôt, créance inférieure ou égale à deux ans).
M4 correspond à M3 plus les Bons du Trésor, les billets de trésorerie et les bons à moyen terme émis par les sociétés non financières.
Le shéma ci-dessous montre les différentes entités M0, M1, M2, et M3.
 
 
- Le taux de croissance de la masse monétaire diminue depuis début 2008. De 12% à 2%. Courbe verte.
- Y-a-t’il réellement une corrélation entre taux d’augmentation de la masse monétaire et inflation ? (le taux d’augmentation de masse monétaire ne cesse de baisser depuis 1986 : 12% à 2% aujourd’hui, alors que l’augmentation du PIB est plus ou moins stable autour de 4%, on devrait avoir une diminution substantielle de l’inflation alors que celle-ci est stable autour de 2%).
- Il y a donc d’autres paramètres à prendre en considération, il n’y a pas de loi fixe.
 
 Comparaison du taux de croissance de la masse monétaire et de la croissance du PIB :
Les taux indiqués au premier janvier de l’année (n) correspondent à l’augmentation de masse monétaire de l’année (n-1).
 
Courbe de l’écart entre le taux de croissance de la masse monétaire et le taux de croissance du PIB :
 
- Si on en croit la théorie monétariste, on aurait dû constater une explosion de l’inflation de 2001 à 2010.
- On n’a pas vu non plus une réduction spectaculaire du chômage sur cette même période. Comme le disent certains économistes : "Au mieux, ce lien n'est valable qu'à très long terme et il est instable à court et moyen terme".
- Comment a-t-on pu laisser la masse monétaire croitre jusqu'à 12% en 2008 ?
- Comment les banques centrales peuvent-elles réguler l’inflation en en régulant la croissance de la masse monétaire ? Le mandat qui est le sien, assurer une inflation basse, peut-il être tenu en jouant sur le seul levier du taux directeur ?