Dérégulation financière

 

Dérégulation financière:

http://www.les-crises.fr/deregulation-financiere/

Olivier berruyer

On constate une certaine analogie avec différentes courbes précédemment présentées. N’y aurait-il pas un lien entre certaines d’entre-elles ?

Plus tu dérégule, plus ta dette augmente. Il me semble que c’est assez clair.

Le FMI emploie le terme "libéralisation": liberté pour les banques, asservissement des peuples.

Le déroulé en France de ces vingt années de dérèglementation financière est impressionnant :

1984 : loi bancaire dérèglementant le métier bancaire ;

1986 : acte unique européen (Art 16-4 « Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux est assurée [... Le Conseil] s’efforce d’atteindre le plus haut degré de libération possible. L’unanimité est nécessaire pour les mesures constituant un recul en matière de libération des mouvements de capitaux. ») ;

1986 : loi Bérégovoy sur la dérèglementation financière (déréglementation, désintermédiation, décloisonnement, désinflation) ;

1988 : la France accepte le principe de la fin du contrôle des changes et la liberté de circulation des capitaux – sans création de la moindre harmonisation fiscale européenne ;

1988 : directive Delors-Lamy prévoyant la libéralisation complète du marché des capitaux pour 1990 ;

1990 : forte diminution de la fiscalité sur les revenus du capital

1992 : traité de Maastricht (« toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ») ;

1998 : création d’un régime fiscal avantageux pour les stock-options par Dominique Strauss-Khan ;

2001 : directive Bolkestein facilitant les OPA ;

2004 : projet de constitution européenne, reprise dans le traité de Lisbonne.

 

Le graphique détaillé pour la France :

 

 

 

Parmi les arguments des tenants de la déréglementation, il en est un particulièrement idiot et qui présuppose une certaine crétinerie du peuple :

« Le marché libre et dérégulé s’autorégule ».

Il faut être particulièrement débile pour croire qu’une telle affirmation peut être admise telle que par tout un chacun disposant même d’une intelligence moyenne.

Le marché ne s’autorégule pas, il est même soumis à la loi des vases communicants : le vase vide se remplit du liquide se trouvant dans le vase plein jusqu’à équilibrer les niveaux. Autrement dit, la Chine, l’Inde, le Pakistan voient leurs niveaux de vie augmenter très vite, alors que les pays occidentaux voient leurs niveaux de vie s’effondrer.

On peut comparer l’économie à un sport très populaire : le foot. Imaginons un match entre deux équipes, avec un arbitre et les règles d’aujourd’hui.

00h 00   Début du match

00h 10   Changement des règles : suppression de la règle du hors-jeu.

00h 20   Changement des règles : suppression du pénalty.

00h 30   Changement des règles : suppression du coup franc.

00h 40   Changement des règles : suppression du carton jaune.

00h 50   Changement des règles : suppression du carton rouge.

00h 60   Changement des règles : suppression du carton vert.

00h 70   Changement des règles : plus de limites dans le nombre de joueurs.

00h 80   Changement des règles : plus de limites dans le temps de jeu.

00h 90   Changement des règles : plus de limites dans la surface de jeu.

Etc... Suppression de l’arbitre.

On en revient donc à un jeu de ballon pratiqué au moyen-âge dans les campagnes, où la seule règle acceptée par tous était : ramener le ballon sur la place du village par tous les moyens. C’est la « soule ».

Progressivement, en supprimant les règles une par une, nous sommes revenus à un niveau de règles du moyen-âge.

Dans l’économie mondiale, la dérégulation a le même effet. Et on nous fait croire que c’est le progrès. Nous allons vers le moyen-âge.

 

 

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