Réserves fractionnaires

 

 

Emprunter sans intérêt:

Depuis le 3 janvier 1973, la loi (73-7) oblige l'état à s'endetter auprès des banques privées avec intérêt sur la somme empruntées. Avant cette loi, l'état empruntait à la banque de France sans intérêt.

Pour prêter à l'état, les banques privées ont le droit d'emprunter à la banque de France sans intérêt, ou intérêt très bas ( à franc ou euro constant). Cela est-il équitable, vis à vis de l'état ou vis à vis des autres entreprises ou des particuliers ?

Mais, comment et pourquoi l'état ou une entreprise ou un particulier pourrait emprunter sans intérêt ? Parce que cet argent N'EXISTE PAS!

C'est l'argent dette, la monnaie scripturale, l'argent fictif, qui n'existe que sur des lignes de comptes.

Ceci, grâce au système des réserves fractionnaires. Les banques privées créent la monnaie alors que ce devrait être la prérogative exclusive de l'état.

L'état par la banque de France crée 10% de la monnaie en circulation (monnaie fiduciaire: les billets), les banques privées créent 90% de la monnaie par les prêts (monnaie scripturale, c'est l'argent dette).

 

Réserves fractionnaires:

- Au moyen-âge, les orfèvres avaient des coffres forts pour protéger l'or qu'ils travaillaient.

- Ils ont accepté de recevoir dans leurs coffres l'or de leurs clients qui en possédaient.

- Quand les riches voulaient commercer sans transporter l'or ils ont échangé des papiers sortes de reconnaissances de dette des détenteurs de l'or, les orfèvres, acceptés par tous les intervenants. Commerçants, clients, entreprises, institutions.

- Les entrepreneurs qui voulaient se développer, ont commencé à emprunter aux orfèvres qui sont devenus des banquiers. Les billets remis aux emprunteurs correspondant à la quantité d'or immobilisé dans les coffres de la banque. L'or immobilisé était logiquement soumis à intérêt au moins au taux d'inflation courant.

- Les nouveaux banquiers se sont rendu compte que tout le monde ne venait pas en même temps retirer ses billets contre son or.

- Ils ont trouvé l'idée magique des réserves fractionnaires: il suffisait de prêter beaucoup en gardant dans les coffres une immobilisation d'or correspondant à 10% des sommes prêtées. C'est astucieux, et c'est une escroquerie. Car, au lieu de compter les intérêts sur la somme immobilisée, on continue à les compter sur la somme prêtée qui n'existe pas (ou 10% existent). C'est ce qui se passe aujourd'hui.

- Mais l'escroquerie ne s'arrête pas là.

 

Exemple:

- Monsieur Dupont souhaite acheter un bien, une maison par exemple. Le coût de cette maison est de 100 000 euros. Monsieur Martin est le vendeur de la maison.

- Monsieur Dupont se rend à sa banque (A) et demande un prêt de 100 000 euros. La banque A répond: "mais bien sûr, Monsieur Dupont, vous êtes solvable, vous avez de bons revenus, vous avez de bonnes garanties, signez le contrat ici. Au fait, il y a 5% d'intérêt par an sur la somme que vous empruntez".

- La banque A ne se soucie pas de savoir si elle a en réserve la somme correspondante au prêt accordé. Il suffit qu'elle ait 10% de cette somme, grâce aux réserves fractionnaires soit 10 000 euros, si elle ne l'a pas, elle empruntera (sans intérêt) à la banque centrale la somme nécessaire pour compléter et atteindre les 10% nécessaires.

- La banque A écrit dans son livre de compte, au débit 100 000 euros qu'elle prête à monsieur Dupont, et au crédit, 100 000 euros, la dette de Monsieur Dupont. C'est la monnaie scripturale parce qu'elle est créée en écrivant une ligne sur un livre de compte d'une banque privée. Et voilà, la banque vient de créer 100 000 euros à partir de rien, "ex nihilo". C'est l'argent dette.

- L'argent est créé à l'ouverture du prêt et sera détruit progressivement au fur et à mesure des remboursements de Monsieur Dupont.

- Monsieur Dupont remet ces 100 000 euros à Monsieur Martin, propriétaire de la maison qu'il achète, en plus de son apport personnel, ce qui lui permet de devenir propriétaire de la maison.

- Monsieur Martin remet son argent nouvellement acquis en dépôt à sa banque B.

- La banque A ne transfère pas 100 000 euros en billets à la banque B. Les prêts étant très nombreux et l'argent circulant d'une banque à l'autre il ne suffit que de solder les écarts entre les débits et les crédits. Il suffit de considérer qu'il n'y a qu'une seule "Banque".

- Les écarts sont comblés par le mécanisme de compensation via la banque centrale.

- La banque B  ou la "Banque" donc, enregistre les 100 000 euros de Monsieur Martin. La Banque met en réserve 10% de cette somme et peut ainsi prêter à quiconque 90 000 euros avec un intérêt de 5%.

- Monsieur X emprunte à la Banque 90 000 euros pour payer à Monsieur Y un bien.

- Monsieur Y dépose à la Banque ses 90 000 euros. La banque met en réserve 9 000 euros pour pouvoir prêter 81 000 euros + 5% d'intérêt.

- Monsieur Z emprunte à la Banque 81 000 euros pour payer à Monsieur XX un bien.

- Monsieur XX dépose à la Banque ses 81 000 euros. La banque met en réserve 8 100 euros pour pouvoir prêter 72 900 euros + 5% d'intérêt.

- Monsieur XY ...

Le circuit peut continuer ainsi jusqu'à l'infini par succession de jeux d'écritures.

Au final, la Banque aura créé à partir de rien (ex-nihilo) non pas 100 000 euros correspondant au premier prêt, mais 1 000 000 d'euros.

Dans le même temps, la Banque aura récupéré un intérêt non pas de 5% mais de 50% ... par an. de la somme prêtée à la première transaction et qui n'existe pas.

En réalité, la Banque empoche 500% d'intérêt par an de la somme réellement immobilisée.

Cherchez l'erreur.

 

(Ceci est une vision simplifiée de ce qui se passe réellement, en regard des différentes manipulations et processus impliqués pour obtenir en fin de compte le résultat donné ci-dessus. En outre, il n’y aura jamais une infinité d’opérations capables d’obtenir le rendement final  (500%), mais au-delà de 20 opérations successives, le résultat sera supérieur à 450%, et c’est largement satisfaisant pour tout un chacun).

 

 

Conclusion provisoire:

- L'état n'a aucune raison d'accepter des prêts avec intérêt.

- Les entreprises, les particuliers n'ont aucun intérêt à emprunter avec intérêt.

- La seule rétribution pouvant être accordée à la Banque est le coût de l'écriture de l'emprunt dans le livre de compte.

- Le mécanisme des intérêts associé au système des réserves fractionnaires, soustrait des sommes colossales à la vraie économie.

 

 

 

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